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Réédition de "Comment travaille Pierre Soulages"

Mis en ligne le 18/11/2012

Après Éloge de la politique et Quelques réflexions sur la singularité d’être Français, sortis au printemps dernier, les éditions Le Temps des Cerises rééditent dans la collection La Griotte ce texte devenu introuvable.

Roger Vailland rencontre le peintre Pierre Soulages dans l’immédiat après-guerre, alors que l’Aveyronnais a installé son atelier dès 1946 à Courbevoie. Il réalise en 1949 des décors de théâtre pour la pièce Héloïse et Abélard de Vailland, au Théâtre des Mathurins. « C’est alors un tout jeune Soulages, de trente ans, qui n’a quasiment jamais exposé et qui dénote, par ses toiles aux tonalités sombres, faites au brou de noix, au goudron, face à une peinture hégémoniquement très colorée, qu’elle soit figurative ou abstraite », écrit Alain Georges Leduc.

27 mars 1961 : Roger Vailland passe l’après-midi avec Soulages dans son atelier. Il le regarde peindre, commencer et finir une toile, et note chaque étape de la création. Le lecteur voit Soulages préparer sa toile, ses couleurs, entend ses remarques, découvre sa pensée, suit son mouvement. « L’une des formules favorites de Pierre Soulages, ‘C’est ce que je fais qui m’apprend ce que je cherche’ est reprise presque mot pour mot par Vailland : ‘Je découvre ainsi ce que je cherche’ », souligne Alfred Pacquement dans sa préface. Ce texte est un témoignage et un reportage.

Il est suivi d’un article de Vailland intitulé Le procès de Pierre Soulages et paru en 1962 dans Clarté, mensuel des étudiants communistes, et répondant à la question posée par ce même journal quelques mois auparavant : « Pour ou contre Pierre Soulages, peintre abstrait ? Participe-t-il à notre époque ou se réfugie-t-il dans les hautes sphères spéculatives ? Peinture d’initiés ou aventure poétique ? » Vailland – qui avait depuis belle lurette pris ses distances avec les diktats culturels du PC – répond : « Impossible de faire un procès à Soulages. Un procès implique référence à un code et, en matière d’art, à des règles. La peinture vient seulement de renoncer à décrire et à raconter. » Ou encore : « La peinture qui ne représente rien, qui présente ou se présente tout simplement, est un art tout nouveau : il n’a pas encore de règles. Soulages est parmi ceux qui s’efforcent, en tâtonnant, de découvrir les règles de ce que sera la peinture. »

Une exposition présentant les œuvres les plus récentes de l’artiste et intitulée Soulages, XXIe siècle aura lieu au musée des Beaux-Arts de Lyon du 12 octobre 2012 au 28 janvier 2013.

Roger Vailland : Comment travaille Pierre Soulages – Préface d’Alfred Pacquement Le Temps des Cerises, collection La Griotte Essai - Arts/littérature - ISBN : 978-2-84109-9 – 64 pages – Format : 110 x 170 – prix : 6 €

© 2006–2007 Les Amis de Roger Vailland – Élizabeth Legros et Alain (Georges) Leduc, co-responsables de la rédaction.
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