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Regards dissemblables de photographes français sur l’Autre

Mis en ligne le 17/11/2011

Conférence-débat, Alain (Georges) Leduc : « Regards dissemblables de photographes français sur l’Autre ». Jeudi 24 novembre 2011, 18 heures à l’Atelier 7 de l’Académie Nationale des Beaux-Arts, 1 rue Chipka, Sofia. En langue française avec interprétation simultanée en bulgare et présentation de photographies.

Cette conférence-débat permettra de présenter trois photographes ayant pris comme sujet des êtres humains issus d’autres cultures que la culture européenne : Afrique, Amérique latine, Asie.

Marc Garanger (né en 1935), tout d’abord, qui reçut en 1966 le prestigieux Prix Niépce.

Pendant la Guerre d’Algérie, au cours de son service militaire, Marc Garanger ne cessa de photographier. Il en revint avec plus de deux mille portraits de femmes algériennes, originellement destinés à des photographies d’identité ordonnées par les militaires, mais qu’il avait soigneusement recadrées. Témoigner : voilà ce que le photographe n’aura cessé de faire depuis, par ses livres, ses expositions, ses multiples interviews dans les médias. Depuis, il a sillonné le monde pour des magazines ou ses éditeurs, ses reportages l’amenant toujours plus à l’Est, jusqu’en Yakoutie, dans le Grand Nord Sibérien. Puis récemment (en 2003 et 2004), il a suivi la Chaîne de l’Espoir, les chirurgiens qui opèrent les « enfants bleus » malades du cœur, au Cambodge. Sa photothèque est aujourd’hui riche de plus de deux millions de photographies. En 2010 Marc Garanger a obtenu le Prix du New York Photo Festival pour l’ensemble de son œuvre.

Le travail de Dany Leriche et Jean-Michel Fickinger, ensuite. Ceux-ci, qui œuvrent depuis octobre 2010 désormais en « duo » – ils réalisent et signent leurs photographies ensemble –, nous auront tout d’abord conduits à une relecture de l’image de la femme dans l’histoire de l’art occidental, remettant en perspective, à travers des photographies monumentales, les mythes fondateurs et les constructions culturelles : l’« idéal féminin », la « beauté », la « nudité », la « condition féminine », la « maternité », etc. Des tableaux recomposés en studio, qui nous donnent matière à reconsidérer nos conduites et les préjugés qui les accompagnent. C’est avec cette même volonté de mettre au jour des signes, que leurs derniers travaux les ont menés à produire trois importantes séries de portraits soustraits, cette fois, au présent. Une série vient du Brésil où la société s’est façonnée d’un mélange complexe de plusieurs racines, tandis que deux autres séries proviennent du Mali, où ils ont effectué plusieurs séjours, s’attachant plus particulièrement aux figures des femmes, des mères avec leurs enfants, notamment.

Alain Georges Leduc (né à Paris en 1951) est écrivain et critique d’art. Il est actuellement professeur à l’École supérieure d’Art de Metz, où il enseigne des pratiques littéraires et éditoriales, ainsi que l’analyse des formes. Membre de l’AICA (Association internationale des Critiques d’Art), de l’AISLF (Association internationale des Sociologues de Langue française) et de l’AFA (Association française des Anthropologues), il a publié une trentaine d’ouvrages (recueils de poésie, essais, nouvelles et romans).

© 2006–2007 Les Amis de Roger Vailland – Élizabeth Legros et Alain (Georges) Leduc, co-responsables de la rédaction.
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