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Roger Vailland, l’essence d’un style

Mis en ligne le 14/02/2015

Parution de ce livre d’Elizabeth Legros Chapuis (éd. Le Coin du Canal), sortie juin 2014

Extrait de l’avant-propos :

"Vailland avait rêvé d’« inventer la prose du XXIe siècle ». Il pensait peut-être alors à l’homme nouveau qu’il s’agissait de mettre au jour, et peut-être aussi à Stendhal, qu’il aimait tant, se projetant lu et compris au siècle suivant… Mais cette ambition peut sembler singulière quand on a affaire à un auteur qui se montre, au plan de la forme, relativement peu novateur. Certes il élabore son style propre, en utilisant de manière tout à fait originale les outils du roman, mais ce sont des outils existants. Et d’ailleurs il se réclame essentiellement, en matière de formes narratives, de Flaubert et de Hemingway, se désintéressant d’écrivains qui ont bien davantage chamboulé l’écriture de son temps, « notamment Joyce, Céline, Queneau, Proust », comme l’expose Peter Tame.

Quoi qu’il en soit, Vailland s’est toujours montré extrêmement attentif au choix des mots, toujours à la recherche du mot propre, du terme le plus précis et le plus concret, recourant si nécessaire à des domaines de terminologie technique ou s’appuyant explicitement sur l’autorité d’un dictionnaire. C’est pourquoi j’ai tenté, dans les articles de ce recueil, d’éclairer certains aspects de ses choix d’écriture, tels que les métaphores animales (De quelques animaux de passage), les noms des personnages (Le jeu des noms), les mots fétiches (Vailland et l’usage des mots), l’emploi récurrent de certaines expressions (Des trajectoires voulues).

D’autres aspects spécifiques de son travail sont abordés à travers les références de Vailland à certains pays qu’il a pu affectionner (Italie, Grèce…) ou à certaines postures. Le côté autobiographique de ses romans, qui n’est chez lui ni déguisé, ni mis en avant, suggère un rapport particulier à la mémoire et au récit de vie (Vailland au miroir de l’autobiographie). Le livre de Jean-Pierre Martin présenté dans Vailland et le paradoxe de l’apostat (en appendice) permet de relire autrement les mutations et convictions successives de l’écrivain. L’examen des livres lus par ses personnages, qui partagent bien souvent les goûts littéraires de Vailland, nous en dit long sur leurs origines, leur milieu social, leurs schémas psychologiques (Quand ce sont les personnages qui lisent). Enfin on verra que les mentions fréquentes du vêtement féminin, précises et concrètes comme toujours chez Vailland, sont tout aussi instructives (Femmes vêtues de mots).

La plupart de ces articles ont paru dans des revues (cf. p. 25) ou sur le site www.roger-vailland.com. Il en résulte que certains éléments peuvent présenter des répétitions qui n’apparaissent que lors d’une lecture d’ensemble, mais dont je tiens à m’excuser."

E.L.C.

Table des matières :

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© 2006–2007 Les Amis de Roger Vailland – Élizabeth Legros et Alain (Georges) Leduc, co-responsables de la rédaction.
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