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Vailland, ce héros !

Mis en ligne le 28/05/2007

A la recherche de l’héroïsme, c’est le surtitre général que Vailland propose pour ses romans en 1951. Nourri, enfant, à la lecture des Vies des hommes illustres, attaché toute sa vie à cet ouvrage qui l’accompagnera dans les chemins de l’histoire, Vailland est un homme à la recherche d’une vie digne d’être mémorable. Vie digne d’être vécue, vie qui fasse « le poids », vie dans un accord juste avec le courant de l’Histoire. Si son œuvre est datée, elle ne l’est que pour appartenir à une époque où on est encore dans une culture à dominante verticale et non horizontale, à une époque où les noms d’auteur ne sont pas des marques, des signes, dans le circuit commercial.

D’où de nombreux écrivains, ses héros, qui parcourent son œuvre, Corneille, Laclos, Stendhal…, considérés comme source d’imitation et d’invention pour une nouvelle morale héroïque, celle de son temps. Corneille, grâce aux vers de Cinna, le fait entrer dans l’action ; Stendhal, à la lecture de Lucien Leuwen, le décide d’entamer son œuvre romanesque. Vailland est un écrivain engagé au sens où l’écriture et l’action ont été simultanées, en pleine guerre, époque où l’intellectuel ne peut plus faire le poids face à la réalité de l’histoire, s’il hésite à choisir son camp. Ses héros ne seront jamais monolithiques et épouseront des formes variées - « ego expérimentaux » de l’auteur aux contours libertin, résistant, bolchevik - d’une même idée, celle de la souveraineté. Vailland, qui fut d’abord poète, découvrit, un jour, qu’il fallait être « vaillant » pour se faire Roger Vailland…

(Article de Marc Le Monnier)

© 2006–2007 Les Amis de Roger Vailland – Élizabeth Legros et Alain (Georges) Leduc, co-responsables de la rédaction.
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